Soyez tous, témoins de la joie!

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“Vous avez une part importante dans la fête de la foi ! Vous nous portez la joie de la foi et vous nous dites que nous devons vivre la foi avec un cœur jeune, toujours : un cœur jeune, même à soixante-dix ou quatre-vingts ans ! Cœur jeune ! Avec le Christ, le cœur ne vieillit jamais ! En ouverture de la troisième journée des travaux de la Rencontre Internationale sur les JMJ, Mgr Clemens, Secrétaire du Conseil Pontifical pour les Laïcs, a re-proposé aux participants ces toutes premières paroles du Pape François aux jeunes, prononcées cinq jours seulement après son élection, dans sa conférence intitulée “L’engagement de l’Église en faveur des Jeunes : de Jean-Paul II au Pape François”. Mgr Clemens a tracé un parcours en trois étapes suivant l’ordre des trois pontificats : Les jeunes, espérance de l’Église selon Jean-Paul II; Le défi éducatif des jeunes générations selon Benoît XVI ; Le Pape François, l’enthousiasme des jeunes et l’élan missionnaire : “Allez sans crainte pour server ! ”

Ainsi, la troisième journée de la Rencontre Internationale sur les JMJ a été marquée par ce moment de réflexion et d’approfondissement qui a été ensuite illustré par une série d’expériences “sur le terrain” autour du thème: “Église, où es-tu?” Les attentes des jeunes. Plusieurs témoignages ont enrichi le débat. Le Père Daniel Ange, fondateur de l’école de prière et d’évangélisation Jeunesse Lumière, après plusieurs années passées en Afrique et dans un ermitage, a accueilli l’appel que Dieu lui faisait de porter l’Évangile dans le monde des jeunes : “Que les meilleurs témoins de Dieu pour les jeunes soient leurs pairs” a-t-il déclaré. Partant de la miséricorde, force de l’amour qui se laisse provoquer par la misère, la souffrance, le mal qui ronge ceux qu’on aime le plus au monde, Jeunesse Lumière propose aux jeunes une année sabbatique pour leur faire faire l’expérience de vie communautaire, de prière et de mission. Chiara Amirante, fondatrice des Communautés Nuovi Orizzonti (Nouveaux Horizons), a elle aussi présenté, avec la simplicité et la passion qui la caractérisent, son expérience d’assistance, d’écoute et d’accueil des plus pauvres parmi les pauvres : drogués, prostituées, filles-mères, alcooliques, enfants de la rue, ex prisonniers. Chiara est descendue aux enfers du “peuple de la nuit” pour le transformer en “Chevaliers de Lumière”, évangélisateurs de la rue. Enfin, Bernhard Meuser, promoteur et co-auteur du Youcat, a raconté la génèse de ce petit livre jaune que les jeunes pèlerins des JMJ du monde entier connaissent fort bien. Cet ouvrage est vite devenu bien plus qu’un simple libre. Il a donné son nom à des centres de catéchèse, radio, chaîne de télévision, et même à un bar à Barcelone. Tout est parti de l’idée simple de traduire le Catéchisme de l’Église Catholique dans un langage adapté aux jeunes d’aujourd’hui, et de le faire en collaboration avec les jeunes eux-mêmes.

La parole a été ensuite donnée à quelques délégués selon les différents continents. Citons entre autres le témoignage du Père Michael Emery, vice-secrétaire du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe, lequel a saisi l’occasion pour annoncer la tenue à Rome, en décembre 2014, de la rencontre des responsables de la pastorale des jeunes d’Europe. Cette initiative, organisée en collaboration avec le Conseil Pontifical pour les Laïcs, aura pour thème la première encyclique du Pape François, Evangelii Gaudium.

Le Cardinal Ryłko a enfin conclu les travaux, traçant de manière efficace le parcours de ces trois journées. Il a ainsi synthétisé les fruits et les attentes de Rio et de Cracovie : “Le premier jour, nous avons idéalement re-vécu la Journée Mondiale de Rio 2013 dont nous conservons encore de vifs souvenirs. Rappelons-nous des mots du Cardinal Tempesta : “À Rio, nous avons vu Dieu à l’œuvre”. Nous avons entendu des témoignages merveilleux de miracles opérés par la Croix des JMJ, et en particulier les témoignages du désir des jeunes de toucher la Croix. Benoît XVI aimait souvent dire : “Il faut toucher la Croix pour être touché par la Croix”. Nous devons aider les jeunes, les encourager à toucher la Croix pour qu’ils soient touchés par le Christ crucifié et ressuscité. Jean-Paul l’avait bien compris puisqu’il n’hésita pas à mettre la Croix au cœur même de la JMJ. Dans un monde trop souvent complaisant avec les jeunes, le Pape plaça, sans rabais aucun, la Croix au centre de la vie des jeunes. Voilà un enseignement fort pour la pastorale des jeunes.

Le deuxième jour, nous sommes partis pour une nouvelle étape : Cracovie 2016. Comme c’est beau d’assister à la naissance d’une nouvelle JMJ ! Les JMJ se ressemblent toutes, mais chacune d’elles a sa physionomie propre, son identité. Chacune d’elles a le pouvoir de nous surprendre… Chaque nouvelle naissance est source d’immense joie, d’attentes et d’espérances.

Enfin, en cette dernière journée, où nous avons entendu retentir de façon particulière la question suivante : “Église, où es-tu ?”, je voudais que nous comprenions le lien étroit qui existe entre l’engagement pastoral quotidien et les JMJ. Ce n’est pas la pastorale ordinaire des jeunes qui est au service de la JMJ, mais le contraire : la JMJ est un moment de resourcement spirituel pour l’engagement de toute l’Église. Elle est une provocation salutaire pour l’engagement en faveur des jeunes. La pastorale des jeunes doit tirer des JMJ des idées nouvelles, un regain de courage pour mettre les jeunes à l’épreuve, eux qui aiment tant les défis hardis. Maintenant que vous rentrez chez vous après ces trois jours de “retraite spirituelle”, soyez plus que jamais engagés dans votre travail quotidien en faveur des jeunes.

Le Pape François a beaucoup à dire et à enseigner à la pastorale des jeunes. Prenons pour boussole son Encyclique Evangelii Gaudium. C’est un guide au langage simple et direct, qui touche le cœur.

Je vous propose enfin trois mots-clés comme fruits de cette rencontre :

1. Joie. Soyez tous des témoins de la joie. Paraphrasant le Pape François, je dirais que les jeunes d’aujourd’hui ont le droit de recevoir l’annonce de l’Évangile de témoins joyeux, pleins d’enthousiasme. Un évangélisateur triste ne convainc personne, encore moins les jeunes.

2. Passion. Que signifie réellement se consacrer au travail pastoral pour les jeunes avec passion ? Se donner totalment à cette importante œuvre, donner le meilleur de soi, sans compter. Les jeunes nous observent attentivement. Il savent sentir où se trouve notre cœur. Ils savent reconnaître si nous sommes vraiment présents à eux ou si nous avons l’esprit ailleurs. Nous devons réveiller en nous la passion pour les jeunes.

3. Inquiétude. Ces derniers temps, le Pape François revient souvent sur le terme “inquiétude”. Tout agent pastoral, tout évangélisateur doit conserver en son cœur une saine inquiétude missionnaire. Tout chrétien appelé à évangéliser est une personne toujours inquiète, insatisfaite, constamment à la recherche de nouveaux moyens, jamais accomodante avec la réalité.

Nous devons conserver en nous la capacité de risquer avec les jeunes, d’oser, de leur proposer de grands idéaux, des objectifs exigents comme l’enseigne l’Évangile”.

Pour conclure, le Cardinal a rappelé l’importance de la rencontre des délégués avec le Saint-Père à l’occasion de la Messe du Dimanche des Rameaux, célébration pendant laquelle s’accomplira – trente ans après la remise de la Croix aux jeunes par le Pape Jean-Paul II – le rite du passage de la Croix des JMJ des mains des jeunes brésiliens à celles de leurs homologues polonais. 

Siate tutti testimoni della gioia!



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