La lumière de Chiara Badano

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Giulia Paola di Nicola

Peu nombreux sont ceux qui n'ont pas pu assisté au moins à quelques fragments des transmissions réalisées par diverses chaines télévisées sur la béatification de Chiara Badano, dite Chiara Luce, la jeune fille de 19 ans morte d'un cancer des os (1971- 1990) et béatifiée par Son Ex. l'Archevêque Mgr Angelo Amato, Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints, le 25 septembre 2010 au Sanctuaire du Divin Amour. La béatification fut une grande fête collective, de celles sans doute que seul le Mouvement des Focolari est capable d'organiser et qui si souvent ont animé les rencontres du pape avec les jeunes, les familles, les prêtres. Lors du déroulement des manifestations certaines nouveautés n'ont pas manqué :

Le programme introductif à la liturgie, avec des témoignages et des impressions des jeunes ; la soirée dans la Salle Paul VI préparée par les jeunes pour les jeunes : pour leur faire connaître Chiara Luce, pour la rencontrer, pour apprendre avec elle et comme elle à marcher sur le chemin de la sainteté.

Certains aspects de la vie de la bienheureuse que l'Église nous propose valent la peine d'être ici mentionnés: Chiara Badano, une jeune fille à la foi forte et cristalline, est la première du mouvement des Focolari à être déclarée bienheureuse. Les focolarini s'attendaient peut-être, plus raisonnablement, à voir un premier de cordée comme Igino Giordani ou Chiara Lubich elle-même, mais les parcours de l'Église ont leur propre logique et les temps ne sont pas toujours ceux auxquels on s'attend. Surprise et étonnement ne font jamais défaut dans ce milieu.

La force de l'innocence est toujours séduisante. Le parfum de la sainteté de cette jeune fille montre clairement la disposition majeure des plus petits à l'amour inconditionnel pour Dieu : leurs âmes ne sont pas encore contaminées par la poussière du monde et, pour l'Église également, il est plus facile de reconnaître la sainteté. Pour un adulte assumant des responsabilités, il est inévitable que ses décisions déplaisent à certains, ou que ses allégations soient pour les uns inoffensives et pour d'autres audacieuses…

Le milieu familial est indispensable pour comprendre l'atmosphère dans laquelle Chiara a grandi. Cela vaut également pour les bienheureux Beltrame Quattrocchi; Maria Corsini a écrit, se référant à ses enfants : « Les mères… se demanderont sans doute quel ingrédient secret peut avoir… favorisé le développement de ses appels divins. Un milieu de piété concentrée? Une vie d'abnégations impitoyables, de pénitences, de sacrifices, de renoncement? Des petits autels, des prières sans fin? Je ne sais pas : mais de tout cela, la vocation des mes enfants ne peut certainement pas avoir dépendu, car rien de cela n'a jamais existé chez nous. Nous avons essayé de défendre leurs âmes fraiches et pures de l'influence du mal ; fait en sorte qu'ils respirent la vie chrétienne e se nourrissent quotidiennement de la divine Eucharistie ; qu'ils fassent leur brève méditation chaque jour sans les harceler avec des obligations exagérées ; qu'ils jouissent du don de la vie, des beautés de la nature, soumisà l'épreuve par des excursions, des ascensions en compagnie d'amis sûrs, aux principes semblables aux nôtres ; qu'ils aiment loyalement et avec enthousiasme leur Patrie avec ses institutions et tous les devoirs que cela implique ; qu'ils connaissent la religion de sa base à son sommet et la servent avec cohérence. Voilà tout ».(1)

 

Dans la vie de Chiara Badano, on pressent que la spiritualité de l'amour à tout prix enveloppe toute la famille et englobe celle des amis qui l'entourent, la soutiennent, prient, viennent la trouver et font des miracles afin que la jeune fille et sa famille ne soient pas abandonnés.

En retraçant l'histoire de Chiara, on devine l'unique et profonde union qui s'établit particulièrement entre une mère et sa fille. À travers les lettres, les récits, les conversations rapportées au procès, il apparaît clairement que leur unité est le fondement de la foi qui relie la communauté. Chiara souffre et demande de l'aide, comme chacun fait avec sa propre mère, mais elle sait aussi la consoler, l'encourager et lui insuffler le bonheur.

Leur histoire revalorise le dessein de Dieu sur la maternité appelée à lier d'une façon unique, à la fois viscérale et spirituelle, deux créatures réciproquement obéissantes. Le 7 octobre 1990 Chiara salue sa maman en lui disant : « Sois heureuse, car je le suis ! ».

Quelle belle démonstration du paradoxe du bonheur dans la souffrance, au moment de la mort ! Cela nous rappelle Thérèse de Lisieux, qui, au premier flot de sang dans la bouche, réagit en murmurant : « Ecce, sponsus Venit ».

 

1 Cf. « Une Auréole pour deux, Maria et Luigi Baltrame Quattrocchi », de Attillio et Guilia Paola DI NICOLA, aux Éditions de l'Emmanuel, Paris, 2004.

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