Témoins du Christ pour le nouveau millénaire. Rome, Congrès du laïcat catholique

550 personnes provenant du monde entier ont participé, à la Domus Pacis de Rome, au Congrès du laïcat catholique, du 25 au 30 novembre 2000. Celui-ci était organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs sur le thème : « Témoins du Christ pour le nouveau millénaire ». En plus des membres et des consulteurs du dicastère, étaient présents les délégués laïcs des Conférences épiscopales de plus de 90 pays et les représentants de 114 réalités associatives - associations internationales de fidèles, organisations, mouvements ecclésiaux, nouvelles communautés. Ces groupes constituent une expression significative de la participation des fidèles laïcs à la vie et à la mission de l’Église et de leur effort de témoignage chrétien dans les différents domaines de la vie sociale, économique, politique et culturelle. Parmi les participants figuraient notamment des cardinaux, des évêques, des représentants d'autres dicastères de la Curie romaine, des supérieur(e)s majeur(e)s de congrégations religieuses, des assistants ecclésiastiques d'Organisations internationales catholiques et des observateurs œcuméniques.

La dimension jubilaire du Congrès a été soulignée par un programme riche en temps de prière et en célébrations liturgiques. Le moment culminant a été le dimanche 26 novembre. Solennité du Christ-Roi, lorsque les congressistes se sont unis aux pèlerins rassemblés en la basilique Saint-Pierre pour célébrer, avec le Saint-Père, le Jubilé de l'apostolat des laïcs.

Au cours des travaux, comme l’a souhaité Jean-Paul II (cf. « La Documentation Catholique », 7 janvier 2001, n° 2239, pp. 11-13), les participants ont procédé à un bilan du chemin accompli par le laïcat depuis le Concile Vatican II jusqu’au Grand Jubilé de l’Incarnation, en étant attentifs à discerner les traces de la présence de Dieu et à saisir les signes de la nouveauté de vie suscitée par l’Esprit Saint parmi les fidèles laïcs de notre temps. Le premier jour, après le discours de bienvenue de S.Em. le card. James Francis Stafford, trois exposés suivis d'interventions complémentaires ont encadré le thème du Congrès : « Bilan d’un siècle et perspectives d’une nouvelle  phase historique : défis pour le témoignage chrétien », par le prof. Pedro Morandé de l’Université Catholique du Chili ; « La mission de l’Église à l’aube du troisième millénaire : disciples et témoins du Seigneur », par S. Exc. Mgr Angelo Scola, Recteur de l’Université pontificale du Latran ; « Le Concile Vatican II, pierre milliaire sur le chemin du laïcat catholique », par S. Exc. Mgr Stanisław Ryłko, Secrétaire du Conseil Pontifical pour les Laïcs. Les trois jours suivants, la réflexion s’est portée sur les dimensions essentielles de la vie des fidèles laïcs : la vocation, la mission et la formation, autour de trois tables rondes précédées de conférences d’introduction : « Les racines baptismales de l’identité des christifideles », par S. Exc. Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur (Belgique) ; «Témoins de la nouveauté de vie», par S. Em. le card. Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris (France) ; «Vers la maturité humaine et chrétienne», par S. Exc. Mgr Robert Sarah, archevêque de Conakry (Guinée).

La fécondité du cheminement des fidèles laïcs au cours des dernières décennies – a écrit le Pape dans un message autographe adressé aux congressistes - peut se percevoir dans la «conscience plus claire qu’[ils] ont acquise de leur dignité de baptisés [...], de leur vocation chrétienne [...], de leur adhésion à l’Église». Le Concile Vatican II a beaucoup contribué à cette phase de maturation, et il faut constamment retourner à ses enseignements, ainsi que «diverses associations [... qui] à notre époque constituent un moyen significatif pour une formation chrétienne plus approfondie et une activité apostolique plus efficace». Mais dans le climat de sécularisation diffuse qui caractérise nos sociétés - a-t-il ajouté - tous les croyants doivent se sentir interpellés à un élan missionnaire renouvelé. Les laïcs sont appelés à annoncer le Christ «par le témoignage de vie et par la parole [...] en toute circonstance et en toute situation, dans tout contexte social, culturel et politique» et sont appelés à prendre leur «part de responsabilité dans la vie des communautés ecclésiales» auxquelles ils appartiennent. «Aucun baptisé ne peut rester les bras croisés». Pour souligner combien le rôle des laïcs est essentiel pour la vie de l’Église, Jean-Paul II a enfin rappelé que durant les dures persécutions qu’a subies l’Église du vingtième siècle dans de vastes régions du monde, «c'est surtout grâce au courageux témoignage des fidèles laïcs, souvent jusqu’au martyre, que la foi n’a pas été effacée de la vie de peuples entiers». C’est en suivant leur exemple lumineux - a conclu le Pape – que «la génération actuelle [doit assumer la tâche] d’apporter l’Évangile à l’humanité de demain» (« La Documentation Catholique », 7 janvier 2001, n° 2239, pp. 9-11).

Donc, quels laïcs pour le troisième millénaire? Le dernier jour, cette perspective a été tracée par S. Em. le card. Bernard Francis Law, archevêque de Boston (Etats-Unis) et par le sous-secrétaire du dicastère, monsieur Guzmán Carriquiry. Ce dernier a présenté le message par lequel les participants ont conclu les travaux du Congrès et dont nous publions ici quelques passages.

«Conscients de l’office royal, sacerdotal et prophétique qui découle de notre baptême - écrivent-ils -, nous réaffirmons avec force notre appartenance chrétienne, avec l’engagement renouvelé de répondre à notre vocation et mission dans l’Église et dans le monde, en pleine harmonie avec le Magistère [...]. Nous assumons l’entière responsabilité de vivre l’Évangile et, dans un monde marqué par l’indifférence, le nihilisme, le relativisme éthique, et menacé par une culture de mort déferlante, nous nous engageons à rechercher les manières d’annoncer le Christ, l’unique Sauveur du monde [...]. Conscients que le témoignage plus que les paroles peuvent toucher le cœur de l’homme d’aujourd’hui, nous ne cesserons pas de nous interroger sur ce que signifie pour nous être chrétiens, aujourd’hui, ici et maintenant. Et nous ne nous lasserons pas de travailler avec tous les chrétiens, les croyants d’autres confessions, les hommes de bonne volonté à la construction d’une société plus humaine, en apportant la lumière de l’Évangile dans toutes les dimensions de la vie, de l’amour conjugal à l’éducation des enfants, en passant par l'amitié, les études, le travail, la politique, et jusqu’à l'engagement pour la sauvegarde de la dignité de chaque personne, surtout de ceux qui souffrent de l’injustice et de la misère [...]. Appelés à être le sel de la terre et la lumière du monde, nous savons que nous devons apporter à la société le trait distinctif de notre foi, comme témoins courageux du Christ, prêts à accepter la croix et à relever le défi le plus grand que sont la sainteté, l’humanité vraie et la plénitude de la vie chrétienne. Avec humilité, confiants en l’action du Seigneur dans notre vie, nous cheminons dans le troisième millénaire en portant dans notre cœur les paroles de Jésus : "Je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5)».

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